Saint-Louis : pas sous tutelle mais presque… 

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Saint-Louis : pas sous tutelle mais presque…

Patrick Malet s’était réjoui que la commune dont il est le 1er magistrat n’allait pas être sous tutelle. Mais c’était sans compter sur la décision du préfet de La Réunion qui par arrêté a fixé le budget de la commune saint-louisienne.

Ainsi exit les projets du maire de Saint-Louis et de son équipe municipale, puisque « Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion a fait part au maire de Saint-Louis », dans un communiqué, « de sa décision de fixer par arrêter le budget primitif 2018 de cette collectivité en y intégrant les mesures correctives préconisées par la CRC ».

La commune n’est certes pas sous tutelle mais c’est peut-être une façon polie du représentant de l’Etat de faire comprendre à l’édile de Saint-Louis, que la préfecture aura quand même un œil vigilant sur la gestion de cette commune qui connaît selon le CRC un déficit de 2 786 252,29 €.

C’est ainsi qu’un communiqué de la préfecture fait savoir que :

Le budget primitif 2018, reprenant les résultats du compte administratif 2017 en application de l’article L. 1612-9 du code général des collectivités territoriales (CGCT), a été voté par le conseil municipal de Saint-Louis le 23 mai 2018.

Conformément au CGCT, le préfet de La Réunion a saisi la chambre régionale des comptes (CRC) de La Réunion. En effet, le code précité prévoit dans son article L.1612‑14 que "lorsque le budget d’une collectivité territoriale a fait l’objet de mesures de redressement, le représentant de l’État dans le département transmet à la chambre régionale des comptes le budget primitif afférent à l’exercice suivant".

Dans un avis du 10 juillet 2018, la CRC de La Réunion a examiné les inscriptions budgétaires du budget primitif 2018 adopté par la commune de Saint-Louis, en l’occurrence les reports et les restes à réaliser au titre de 2017 et les mesures nouvelles votées pour 2018. Au regard des justificatifs produits par la commune et des informations connues au moment de l’instruction, la CRC de La Réunion a relevé, notamment, que le déficit de l’exercice 2017 s’élevait à – 2,8 M€ au lieu de – 0,9 M€ compte tenu de la comptabilisation à tort de 1,8 M€ en restes à réaliser d’emprunt, et que le budget primitif 2018 intégrait une surévaluation des recettes de fiscalité directe pour 1,3 M€. Après correction de ces écarts, des mesures complémentaires permettant de rétablir l’équilibre budgétaire imposé par l’article L. 1612-4 du CGCT, ont été rendues nécessaires. En conclusion de l’avis susmentionné, la CRC de La Réunion constate que la commune de Saint-Louis n’a pas pris les mesures suffisantes pour résorber le déficit de son budget et invite en conséquence le préfet à régler et rendre exécutoire le budget primitif 2018 de cette collectivité.

Au cours de deux rencontres, les 17 et 24 juillet 2018, le préfet et les services de l’État ont écouté les arguments développés par le maire et ses services. Ces derniers n’ont pas permis au préfet de s’écarter des propositions formulées par le CRC.

En conséquence, Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion, a fait part au maire de Saint-Louis de sa décision de fixer par arrêté le budget primitif 2018 de cette collectivité en y intégrant les mesures correctives préconisées par le CRC.

Le respect des prévisions budgétaires ainsi fixées par le préfet conditionne le retour à l’équilibre du budget de la commune à l’issue de l’exercice 2018 et le maintien de la confiance de ses partenaires financiers dans le cadre de ses investissements.

le 25/07/2018 à 11h39min58s

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