54479  10 291,67 €, le miracle de la SPL Edden 

Scandale

10 291,67 €, le miracle de la SPL Edden

L’affaire avait fait grand bruit mais n’est pas prête de s’éteindre. La SPL EDDEN vient de valider le salaire de son directeur général à hauteur de 10 291,67 € par mois.

La Réunion croule sous la pauvreté et la misère sociale. Qu’à cela ne tienne. Il n’en est pas de même pour tout le monde et surtout pas pour le Département de La Réunion qui vient d’accorder à son futur directeur général de la SPL EDDEN, à savoir Gilbert Rivière, élu de la commune de Saint-Pierre, la coquette somme de 10 291,67 €.

Cette somme, qui est bien moindre que celle proposée lors d’un précédent conseil d’administration à savoir 14 000 € par mois soit une différence de 3 708.33 €, correspond à 9 500 € par mois sur 13 mois soit 123 500 € pour 13 mois, qui, si on le ramène à 12 mois représente en effet un montant mensuel de 10 291,67 €.

Une broutille, diront certains, mais une somme faramineuse quand on sait que le smic est à 1 521,22 € et que la somme allouée pour le directeur de la SPL EDDEN représente quand même 6.76 fois le smic.

Elle est d’autant plus faramineuse que ce salaire s’accompagnera :

- d’une rémunération variable de 10 % de son salaire net,
- d’une voiture de fonction,
- de notes de frais à la discrétion,
- de voyages en classe affaires,
- d’un parachute doré relatif à 12 mois de salaire en cas de révocation.

Un poste en or et un salaire hors norme donc pour l’heureux élu, qui, comme le fait remarquer Jean Paul Virapoullé sur le site de Zinfo974, est quand même bien « supérieur à celui du directeur général des services du département […], supérieur à celui d’un sous-préfet ou même d’un préfet de Région » voire « l’égal d’un ministre » surtout quand on sait que le directeur général des services du département n’a pas moins sous ses ordres 5 000 agents et qu’un préfet a de bien plus importantes responsabilités qu’un directeur général d’une quelconque SPL.

Pour pouvoir jouir de cette manne, le futur directeur de la SPL EDDEN a pu compter sur les votes de :

- Claudette Grondin (conseillère départementale) ayant procuration de Enaud Rivière élu de Le Tampon et conseiller départemental
- Patrick Vayaboury (CIVIS) collectivité à laquelle appartient Gilbert Rivière
- Stéphano Dijoux (CIVIS)
- Alix Galbois (CIVIS)
- Marie-Lyne Soubadou (conseillère départementale)
- Jacqueline Silotia (conseillère départementale)
- Younous Valy (commune de L’Entre-Deux et élu de la CASUD)
- Béatrice Sigismau (CIVIS)

Comme on le voit bien ici, un salaire voté par une forte majorité de personnes membres de la CIVIS, collectivité à laquelle appartient Gilbert Rivière et qui pourrait générer des conflits d’intérêt et dont ne sont pas absents des élus de Le Tampon et de la CASUD.

A croire que ces élus n’ont rien compris à la crise qui secoue actuellement la France et dernièrement La Réunion, où les « Gilets jaunes » demandaient aux politiciens de la décence.

Une décision indécente donc qui risque de mettre le feu aux poudres quand on sait que 40 % des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté et que ce pourcentage représente quand même 342 000 personnes qui tentent de vivre, voire de survivre, avec moins de 1 190 € par mois alors qu’un directeur de SPL peut à lui seul bénéficier des largesses des deniers publics grâce à des élus loin de la réalité sociale.

Ceux-ci semblent avoir oublié que dans la mythologie judéo-chrétienne, même Adam et Eve furent chasser du paradis d’Eden. La colère divine s’apparente souvent à la colère du peuple comme l’affirmaient les Latins lorsqu’ils énonçaient que « Vox populi, vox dei ». Les « Gilets jaunes » en est la preuve vivante. Gageons que ceux-ci ne fulminent pas à leur égard, car s’ils ont été capables de s’attaquer à la Région, ils n’auront guère de mal à faire de même à l’égard du Département.

le 23/03/2019 à 12h37min10s Lu 0 fois

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