105231  L’incinérateur « Runeva » de Saint-Pierre est-il mort-né ? 

Ecologie

L’incinérateur « Runeva » de Saint-Pierre est-il mort-né ?

Avec l’augmentation de la population sudiste les élus locaux cherchent par tous les moyens à maîtriser le traitement des déchets ménagers. Pour l’heure c’est l’incinérateur qui a été choisi. Un choix que refuse le collectif citoyen « Non à l’incinérateur ».

Dans un communiqué, ce groupe représenté par Imrhane Moulan, référent départemental d’AGIR à La Réunion et tête de liste aux élections municipales de 2020 sur Saint-Pierre, fait savoir qu’il «dénonce la phase en cours de concertation préalable : par sa durée plus courte, son intensité réduite, ses dates mal choisies en fin d'année, l'absence d'alternative proposée (l'enfouissement n'est ni une alternative, ni une solution) comme par exemple la gazéification ou méthanisation, le fait que l'organisation soit confiée à ILEVA qui est « juge et partie », cette procédure est incontestablement tronquée et biaisée. »

Ce groupe estime «qu'un débat public, à l'image de celui qui s'est tenu pour la Route des Géraniums, était la procédure adaptée aux enjeux financiers, environnementaux et de santé public relatifs à ce projet d'incinérateur pour le Grand Sud et La Réunion : consultation sur 6 mois, beaucoup plus d'actions, une totale indépendance car l'organisation est confiée à la Commission Nationale du Débat Public (et non au maître d'ouvrage), l'obligation de présenter des alternatives crédibles, … »

Du fait selon eux que « le terme « incinération » n'apparaît dans aucun des documents papier distribué dans les boîtes aux lettres, ou électronique sur le site RUNEVA : « outil multi-filières de valorisation des déchets » = UVE (unité de valorisation énergétique) = INCINERATEUR ... » on assisterait donc à « un simulacre de démocratie participative […] » avant de rajouter une «escroquerie sémantique, une malhonnêteté intellectuelle, une manipulation de masse, une véritable tromperie de la population dans une île touchée par un fort taux d'illettrisme et où une bonne partie des gens ne parlent que le créole. »

Pour conforter ses propos le groupe parle d’un projet non viable relevant un obstacle réglementaire lié au Schéma d’Aménagement Régional (SAR) disant que « La commune de Saint-Pierre a un projet de ZAD sur le secteur de Pierrefonds (délibération du 5 mars 2018) avec des orientations, notamment la création d'un pôle majeur de développement économique, mais également d'une zone environnementale de 48 ha pour installer les outils multi-filières de valorisation des déchets. Or, le Schéma d'Aménagement Régional (SAR), document suprême en matière d'aménagement sur la région Réunion, ne permet pas l'aménagement de cet espace de ZAD pour l'UVE : une révision du SAR serait donc nécessaire. Or, cela ne se fait pas facilement, puisque en moyenne il faut attendre une dizaine d'années ! » avant de rajouter « De plus, la création d'un pôle majeur en termes de développement économique en lien avec l'innovation et la production alimentaire n'est pas cohérente – sur cette même ZAD - avec le développement de process industriels de valorisation des déchets, notamment sur le plan sanitaire. »

Pour enfoncer le clou, le groupe par d’un gouffre financier du fait de « l'absence de garantie quant au tarif de rachat de l'électricité qui serait produite par l'incinérateur » et « le retrait financier de la Région Réunion qui ne participe plus au budget de fonctionnement de ILEVA » arguant que «les 37 millions d'euros de FEDER ne pourront plus financer l'incinérateur de Pierrefonds ».

Pour ce collectif « la signature de ce marché public de 404 millions d'euros TTC fin décembre 2018 apparaît donc comme un passage en force et un coup de bluff » avant de faire valoir qu’« on ne peut pas jouer au poker avec l'argent des contribuables ! »

Une situation d’autant plus dangereuse pour ces opposants à l’incinérateur que, disent-ils encore, « Lorsque ce projet devra être arrêté en 2020, l'indemnité de résiliation prévue au cahier des charges (3 % des études + travaux) sera de plus de 7 millions € (en sus du paiement des prestations réalisées » avant de dénoncer « ce gaspillage d'argent public, cette dilapidation de deniers publics, cette mauvaise gestion de la collectivité, et cette gabegie financière ! »

le 01/12/2019 à 16h23min59s Lu 0 fois

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