205236  Nathalie Bassire et sa GIGS : mort programmée du Tampon 

Le Tampon

Nathalie Bassire et sa GIGS : mort programmée du Tampon

La députée de la 3ème circonscription s’est réjouie que « l’Etat a répondu positivement pour l’accompagnement des élus locaux – suite aux municipales de 2020 – dans la fusion de la Casud et de la Civis pour créer une grande intercommunalité du Grand Sud ». Une volonté de la part d’une candidate aux municipales de 2020 qui risque fort de tuer la commune de Le Tampon.

Lorsque le 21 mars 1925 le président Gaston Doumergue promulgue la loi érigeant Le Tampon comme ville à part entière, bien des combats ont été menés par des Hommes de l’époque soucieux d’élever Le Tampon / La Plaine des Cafres, qui depuis juin 1873 sont rattachés à la ville de Saint-Pierre, en une commune entièrement autonome et ce malgré les difficultés liées au contexte d’alors.

Si Le Tampon n’a connu que six maires seulement en 80 ans d’existence d’aucuns ne peuvent nier l’engagement de chacun de ces maires successifs pour amener Le Tampon à être une commune phare du Sud à commencer par Edgard Avril, 1er maire de Le Tampon, à qui il incomba comme l’écrit Enis Rockel dans son livre « Le Tampon au fil du temps », de prévoir les budgets, de déterminer les priorités, de structurer les différents services, de planifier les quartiers, de construire les premières écoles.

Il en est de même pour son successeur et frère Georges Avril qui s’efforça de pourvoir en eau la commune avec les travaux de canalisation du Bras de La Plaine et pour Roger Bénard qui ne manqua pas de venir en aide aux plus nécessiteux à partir de 1947. Période à laquelle l’électricité arrivera sur la commune.

Paul Badré n’est pas en reste, successeur de Roger Bénard en 1953 et maire jusqu’en 1983, celui-ci va s’impliquer dans la construction d’infrastructures parmi lesquelles on peut citer le sanatorium, le lycée Roland Garros, l’Ecole Militaire Préparatoire de La Réunion, la SICA lait, la Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon (CAHEB), jeux de La Plaine… et ce avant l’arrivée d’André Thien Ah Koon en 1983.

André Thien Ah Koon est un personnage qui sort de la norme. Ce fils d’immigrés chinois est le symbole même de la réussite. Chef d’entreprise et homme d’affaire, sous sa mandature apparait l’une des fêtes foraines la plus populaire de l’île à savoir « Florilèges ». Dynamique le personnage crée l’Office Municipal des Sports (OMS), ouvre des mairies annexes dans les quartiers les plus importants de sa ville.

Conscient de la nécessité de continuer l’œuvre de ses prédécesseurs, celui-ci mènera une politique en faveur de l’eau où l’on assistera au captage du Pont du Diable et à celui des Hirondelles

Vient ensuite Didier Robert qui le 24 juin 2006, parrainé par André Thien Ah Koon dont il est le huitième adjoint, accède à la magistrature avant de l’abandonner au profit de La Région, mandature sous laquelle la Chambre Régionale des Comptes épinglera cette magistrature en faisant valoir que «l'encours de la dette a plus que doublé sur la période, passant de 39 millions en 2005 à 80 millions en 2010 et représente 12,7 années d'autofinancement brut en 2010 contre un seuil d'alerte estimé à 8 pour des communes de même strate ».

Lui succède alors Paulet Payet qui devra redresser les comptes de la commune suite au signalement de la Cour des comptes et ce jusqu’en 2014 date de retour d’André Thien Ah Koon au pouvoir.

D’une commune rurale, la ville de Le Tampon au fil des années c’est donc imposée comme une ville phare du Sud.

Elle le deviendra d’autant plus que lorsqu’elle intègre la Communauté de Commune du Sud en 1998 et qui deviendra en 2010 Communauté d’Agglomération du Sud (Casud), c’est elle, compte tenu de sa population, qui présidera cette assemblée.

L’idée d’une grande intercommunalité du Grand Sud ne date pas d’aujourd’hui. Mais il est évident que depuis l’idée a fait son chemin et beaucoup de conseillers semblent ne pas trop s’y intéresser.

Comme le fait remarquer Nathalie Bassire une telle fusion produirait – et le conditionnel est nécessaire – « de sensibles économies » et de « potentiels baisses d’impôts locaux directs et indirects » sans que d’aucuns ne sachent exactement le montant des ces économies et la réalité des baisses d’impôts puisque le termes « potentiels » est utilisé.

Ce qui est sûr, bien que la député ne s’y aventure à le dire, c’est que la fusion de la Casud avec la Civis – qui comme le rappelle son interlocuteur, tombe sous la règle du droit commun et exige l’accord des 2/3 des Conseils municipaux des communes membres des communautés d’agglomération représentant plus de 50 % de leur population totale […], et ces majorités devant comprendre au moins 1/3 des conseils municipaux des communes qui sont regroupés dans chacun des EPCI et qui est la clé du consensus– risque fort de faire disparaitre dans la région Sud l’aura de la commune de Le Tampon qui devrait en cas de fusion avec la Civis, si ce n’est d’occuper une vice-présidence, asseoir l’autorité de la commune de Saint-Pierre, dont elle s’est séparée en 1925.

Va-t-on donc, sous-couvert de pseudos économies et de potentialités non avérées voir la ville de Le Tampon réintégrer le giron de la ville de Saint-Pierre et disparaitre sur l’échiquier politique et décisionnel dans le département alors même que l’existence de la Civis et de la Casud ne semblent gêner personne outre mesure ?

Si la rationalisation des moyens et les recettes démultipliées semblent être la clé de voûte et la panacée d’un tel projet il est étrange que malgré la loi NOTre (Nouvelle organisation territoriale de la République) et notamment l’article 33 et 35 qui prévoyaient la révision des schémas départementaux avant le 31/03/2016 et leur mise en œuvre avant le 31/12/2016, qu’une telle possibilité n’ait pas fait des émules tant au sein de la Casud que de la Civis ?

Si l’histoire de la commune de Le Tampon l’avait montrée au diapason, il est fort à parier qu’au travers d’une fusion au sein d’une Grande Communauté d’agglomération ou d’une Grande Communauté Urbaine, celle-ci perdrait beaucoup de son leadership dont a fait montre tout au long de l’histoire les Hommes l’ayant bâtie.

Et pour la petite histoire, si l’union fait la force avec des recettes démultipliées, des rationalisation de moyens, il est étrange que la Suisse, pays neutre par excellence, soit l’un des pays dont l’économie est la plus compétitive du monde.

le 02/01/2020 à 12h55min14s Lu 0 fois

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