262714  Affaire Michel Zecler : preuve que l’article 24 de la sécurité globale est dangereux 

Scandale

Affaire Michel Zecler : preuve que l’article 24 de la sécurité globale est dangereux

L’article 24 de la loi sur la sécurité globale est à peine voté que déjà ses effets s’en font déjà ressentir avec l’affaire Michel Zecler.

21 novembre 2020 à 19 h 40 dans le 17ème arrondissement de Paris, Michel Zecler, producteur de musique, rentre chez lui. Sous prétexte qu’il n’aurait pas son masque trois policiers, alors même qu’il a franchi la porte de son studio d’enregistrement font irruption et le passe à tabac durant plusieurs minutes. La scène est filmée par une caméra de surveillance et les fait sont rapportés par Loopsider.

Bien que la scène semble irréaliste et non conforme à un Etat de droit, ceux-ci vont même continuer leurs exactions à son égard à l’extérieur comme le révèle encore Loopsider.

Au-delà de cette agression d’une rare violence et barbarie et en dehors de tout cadre légal par des membres des forces de l’ordre qui ne sauraient à eux seuls représenter toute la profession, se pose aujourd’hui et encore plus que jamais la légitimité de l’article 24 de la loi sur la sécurité globale qui interdit de filmer des forces de l’ordre dans le cadre de leur fonction.

Il est évident, qu’une telle loi n’est pas pour favoriser la transparence dans un Etat qui se prétend démocratique et on le comprend mieux lorsque pouvant craindre d’avoir été filmés un policier demande alors que la victime est en train d’être tabassée « il est où ton téléphone ? » (à 2mn 09 de la deuxième vidéo).

Ainsi donc s’il n’y avait pas eu ces captations Michel Zecler aurait eu un procès à charge et ce d’autant plus que les policiers n’ont pas hésité à faire un « faux en écriture publique » puisque le procès-verbal qu’ils ont rédigé ne correspondait absolument pas à ce qu’avaient enregistré la caméra de surveillance et un témoin de la scène lorsque les policiers l’eurent extrait par la force et sans aucune légitimité à l’extérieur de son studio.

Encore une fois l’article 24 de la loi sur la sécurité globale constitue une arme redoutable contre la vérité et l’information du public.

Il ne suffit pas au président de la République de dire sur les réseaux sociaux « Les images que nous avons tous vues de l’agression de Michel Zecler sont inacceptables. Elles nous font honte. La France ne doit jamais se résoudre à la violence ou la brutalité, d’où qu’elles viennent. La France ne doit jamais laisser prospérer la haine ou le racisme » pour croire que de tels actes à l’avenir ne se reproduiront plus.

Vu que l’article 24 de la loi sur sécurité globale interdit à tous des citoyens de filmer les forces de l’ordre, il est à parier que ce gendre d’exaction par des brebis galeuses seront légion.

Il suffit encore moins au chef de l’Etat de dire « Liberté d’expression et liberté de la presse. Je n’ai jamais cessé de défendre ces principes et tous ceux qui l’incarnent » pour croire que la presse pourra toujours informer librement. Car l’article 24 de la loi sur la sécurité globale ne laisse pas trop le choix puisqu’il punit de 45 000 € d’amende et d’un an de prison tout contrevenant.

On pourrait objecter que Loopsider lui a pu, malgré cet article, poster la vidéo. Il faut se rappeler que la première partie relève d’une caméra de surveillance. La deuxième vient d’un voisin. Et en l’état, rien ne dit que les agresseurs ne vont pas s’appuyer sur cette loi pour invalider les captations dans la mesure où ils étaient dans l’exercice de leurs fonction (sic) et ce quand bien même que leur ministre de tutelle ait demandé à leur égard une suspension.

Cet article est d’autant plus dangereux que même le 1er ministre, Jean Castex, aurait souhaité avant de rétropédaler – du fait qu’empiétant sur le travail des parlementaires – son examen par « une commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture" tandis que Hugues Renson, vice-président de l'Assemblée nationale, préconisait dans un tweet, face à l’incompréhension et à la résistance à un tel article d’y renoncer plutôt que de s’obstiner arguant à juste titre que « Les comités Théodule pour sauver des dispositifs, ca ne fonctionne pas ».

Si tant est, que la France soit toujours une démocratie, il faudrait que les parlementaires écoutent la voix du peuple et suppriment définitivement cet article 24 dans la loi de la sécurité globale qui loin de protéger les forces de l’ordre rendra la population encore défiante à leur égard et ne favorisera que les brebis galeuses se trouvant en son sein et qui se sachant protégés hésiteront encore moins de faire des bavures comme dans cette nouvelle affaire de Michel Zecler qui vient ternir leur image après celle de l’affaire Benalla ou de Cédric Chouviat.

le 28/11/2020 à 07h31min24s Lu 0 fois

commentaires momentanément suspendus

Commentaires