385760  DIRECCTE, CFA, CPFA, Ministère du travail : Errare humanum est, perseverare diabolicum 

Scandale

DIRECCTE, CFA, CPFA, Ministère du travail : Errare humanum est, perseverare diabolicum

Dans un ancien article daté du 25/09/2020 intitulé «L’AFPA se plante, le jury MUM cautionne » nous signalions des erreurs concernant le corrigé type du jury du titre de Manager d’Unité Marchande. Quelques mois plus tard, loin d’avoir corrigé ces erreurs, ni la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Directe), ni les Centre de Formation pour Adultes (CFA) , ni l’AFPA ne se sont émus de ces erreurs.

Le titre de Manager d’Unité Marchande est un titre de niveau III (code NSF : 312m) donc l’équivalent d’un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) à ceci près que c’est le Ministère du Travail qui l’édite selon le système de certification régi par les textes suivants :

- Code de l’éducation notamment les articles L. 335-5, L 335-6, R 335-7, R. 335-13 et R. 338-1 et suivants
- Arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions de délivrance du titre professionnel du ministère chargé de l’emploi
- Arrêté du 21 juillet 2016 (JO du 28 juillet 2016 modifié par l’arrêté du 15 septembre 2016) portant règlement général des sessions d’examen pour l’obtention du titre professionnel du ministère chargé de l’emploi

A ce titre pour y accéder il faut soit être titulaire d’un bac, soit bénéficier d’une expérience conséquente valant validation des acquis par l’expérience (VAE).

Dans le cadre d’un parcours de formation, après quelques mois en entreprise et dans les CFA, les candidats doivent traiter un dossier d’environ 70 pages et reporter leurs connaissances sur des fichiers Excel prévu à cet effet.

Ces fichiers portent sur :

1° - le développement de la dynamique commerciale de l’unité marchande dans un environnement omnicanal comprenant lui-même 4 CP à savoir :

- Gérer l'approvisionnement de l'unité marchande
- Piloter l'offre produits de l'unité marchande
- Réaliser le marchandisage de l'unité marchande
- Développer les ventes de services et de produits de l'unité marchande en prenant en compte le parcours d'achat omnicanal

2° - sur l’optimisation de la performance économique et la rentabilité financière de l'unité marchande comprenant 2 CP notamment :

- Établir les prévisions économiques et financières de l'unité marchande
- Analyser les résultats économiques, financiers et bâtir les plans d'actions pour atteindre les objectifs de l'unité marchande

3° - sur le management de l’unité marchande avec 5 Compétences professionnelles que sont :

- Recruter et intégrer un collaborateur de l’unité marchande
- Planifier et coordonner l'activité de l'équipe de l’unité marchande
- Accompagner la performance individuelle
- Animer l’équipe de l’unité marchande
- Conduire et animer un projet de l’unité marchande

Comme nous le disions dans notre article L’AFPA se plante, le jury MUM cautionne du 25/09/2020 une erreur monumentale s’est glissée dans la correction du ministère du Travail ou de AFPA et fournie au jury.

Cette erreur porte sur l’Activité Type 1 « Développer la dynamique commerciale de l'unité marchande dans un environnement omnicanal » et notamment sur la réalisation du marchandisage de l’unité marchande et plus particulièrement sur le marchandisage de gestion.

En effet, d’après les candidats qui ont passé dernièrement les examens dans divers centres, le jury et certains formateurs en amont ne se posent pas de question quant à savoir si l’Indice de Sensibilité (IS) à la marge, calculé selon le taux de marge brute permet in fine, combiné avec les autres indices de retrouver, dans le calcul du linéaire optimal, le Mètre Linéaire Développé (MLD) de départ.

Comme nous l’expliquions, le taux de marge brute ne peut être utilisé pour le calcul des IS celui-ci ne changeant pas qu’on vende on non le produit.

Par contre, il convient de prendre le taux de marge généré pour calculer les IS marges celui-ci évoluant en fonction de nos ventes. S’il s’avère que celui-ci ne figure pas dans le tableau, il convient donc de le calculer.

Il est triste de constater que finalement, le titre de MUM n’a pas la valeur qu’il devrait avoir quand on sait qu’aucune autorité, qu’aucun organisme, bien qu’ils puissent avoir été alertés, n’ont agi pour corriger les erreurs.

L’image est d’autant plus pitoyable que le titre de MUM acquis en l’état permet quand même d’accéder à des licences et masters professionnels sans que d’aucuns ne s’alarment outre mesure du niveau et des formateurs, et du jury, et des stagiaires surtout quand on exige des CFA la certification Qualiopi*.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’à La Réunion, les diplômes valent de la merde et que les institutions les régissant soient la risée du peuple surtout quand on sait que l’erreur est humaine mais qu’y persévérer est diabolique.



* La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel prévoit dans son article 6 une obligation de certification, par un organisme tiers, des organismes réalisant des actions concourant au développement des compétences sur la base d’un référentiel national unique, s’ils veulent bénéficier de fonds publics ou mutualisés (financement par un opérateur de compétences, par la commission mentionnée à l’article L. 6323-17-6, par l’État, par les régions, par la Caisse des dépôts et consignations, par Pôle emploi ou par l’Agefiph).

le 08/06/2021 à 16h46min55s

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