350830  La démocratie en danger 

Prise de conscience

La démocratie en danger

L’effondrement de la mobilisation au fil des scrutins, avec un taux d’abstention record lors du 1er tour des élections territoriales, met la démocratie en danger.

Le désintérêt de la population et notamment des jeunes, est un phénomène mondial de décrochage de la vie publique, sur lequel il faut s’interroger.

Après le plan de relance de l’économie, ne faudrait-il pas un plan de relance de la démocratie ? car la culture démocratique se rétracte de plus en plus.

Depuis 1848, nous avons la chance d’être dans un pays dans lequel on peut exercer un droit de vote.

En 1913, la création des isoloirs, qui n’existaient jusqu’alors que dans le monde religieux, va garantir le secret et la liberté d’expression du citoyen qui a un rendez-vous avec lui même, pour faire un choix.

En 1944, les femmes ont obtenu le droit de vote.

Dans nos pays occidentaux le droit de vote est maintenant acquis, et pourtant la population boude les urnes, oubliant qu’elle est souveraine pour décider de voter pour qui elle le souhaite.

Ces conquêtes et cette liberté ne sont pourtant plus des motifs suffisants pour se déplacer.
Le droit de vote n’est plus considéré comme un privilège, mais comme une contrainte et l’expression citoyenne est davantage présente dans les mouvements de force militante sur des enjeux sociétaux que pour élire des représentants.

Ainsi, beaucoup de décisions se font sans les électeurs.

Or, la citoyenneté implique ce droit d’expression.

De nombreuses causes aboutissent aux mêmes effets :

- la défiance à l’égard des élus, les promesses non tenues et les programmes non appliqués font que nos élus ne sont plus représentatifs.

Le manque d’exemplarité des élus, condamnés ou manquant d’éthique participent à ce rejet.

Et l’électeur puissant et souverain se dépouille progressivement de son droit de vote alors que le simple principe d’un casier judiciaire vierge pour tout élu semble tellement logique...

Les partis ne parviennent plus à véhiculer des idéologies. La disparition des clivages droite/gauche a participé à détourner le citoyen des partis traditionnels et de l’engagement politique. Les sondages donnent l’impression du “joué d’avance” et n’incitent pas à vouloir faire bouger les choses tout comme les débats dans lesquels chacun tape sur l’autre …

Mais une démocratie sans électeurs n’est plus une démocratie et la question de la légitimité des élus face à si faible mobilisation, se pose.

La réponse doit venir des politiques qui jouent avec le feu en acceptant cette situation.

La question du vote obligatoire doit être examinée car la citoyenneté implique des obligations.

La réflexion sur le vote électronique ou le vote par correspondance ne réglera pas le problème, avec les risques de pression, de fraude et de hacking.

Le clientélisme et l’illectronisme d’une tranche de la population sont aussi des dangers pour l’exercice démocratique.

Il faut donc repenser la citoyenneté, initier les enfants dès le primaire à l’exercice démocratique avec des conseils municipaux des enfants, des collégiens, privilégier l’éducation civique en expliquant que le vote est plus qu’un droit, c’est un devoir.

Les électeurs disent qu’on a besoin d’eux que pour voter puis on les oublie.

Le casier judiciaire vierge et la limitation des mandats dans le temps participeraient à la reconquête de l’exercice démocratique.

Il faut également repenser l’action politique en associant davantage le citoyen aux prises de décisions, les responsabiliser entre les scrutins car ils ne doivent pas être utiles qu’au moment de voter. Il faut ainsi recréer le lien entre les citoyens et les élus, lancer des ateliers de citoyenneté et d’échanges. La démocratie ne doit pas mourir à petit feu …

Jean Gaël ANDA

Jean Gaël ANDA le 07/07/2021 à 05h04min05s Lu 0 fois

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