350863  Le projet de Parc du Volcan, une catastrophe économique et environnementale ! 

Communiqué

Le projet de Parc du Volcan, une catastrophe économique et environnementale !

Voici ma contribution au débat public et mes observations dans le cadre de la concertation préalable relative à ce projet controversé :

A. Un gouffre financier annoncé :
1. Un investissement essentiellement financé par les Tamponnais
Promis depuis une vingtaine d'années, ce projet “pharaonique” s’annonce être une hécatombe financière : le coût global de l’opération est estimé à 64 millions € d’investissement, dont seulement 2,8 millions € pourraient être financés par l’Europe sur la 1ère phase de 11,6 millions € environ.
Qui financera les plus de 60 millions € restants ? Les fonds communaux et donc les Tamponnais(es) !
Le nombre total d’emplois créés est estimé à 150 environ, soit 426 666€ d'investissement (hors frais de fonctionnement) par emploi : est-ce suffisant et raisonnable compte tenu des sommes investies ?

2. Un coût de fonctionnement caché qui impactera la fiscalité locale
Aucun élément ne figure dans le dossier de concertation sur le mode de gestion de cet équipement (une analyse comparative sur les plans financiers, juridiques et techniques aurait dû être réalisée au préalable), ni sur le coût annuel de fonctionnement (entretien, maintenance, sécurité, personnel, …). Qui va payer ces coûts cachés ? Les Tamponnais(es) !

La crise sanitaire mondiale impacte durement et durablement le tourisme : en cas de déficit, qui va devoir combler le gouffre financier ? Les Tamponnais(es) !

L’exemple du Parc CASELA à l’île Maurice devrait servir de leçon puisque la baisse sensible de fréquentation touristique et de chiffre d’affaires a entraîné des dizaines de licenciements et un soutien financier important des pouvoirs publics.
En outre, compte tenu des conditions climatiques à Bourg Murat, une bonne période de l'année ne sera pas propice à une fréquentation satisfaisante du parc de loisirs (non clos et non couvert) qui n'est aucunement comparable à l'équipement voisin, clos et couvert, de la Cité du Volcan.
B. Un projet écocide :
1. La perte irrémédiable de terres agricoles
En sacrifiant pas moins de 15 hectares de terres dans un espace agricole et naturel, à la Plaine des Cafres reconnu comme “grenier de La Réunion”, ce projet porte incontestablement atteinte aux Orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP) du Projet d'Aménagement et de Développement Durables (PADD) du Plan Local d'Urbanisme (PLU) en vigueur.

Ainsi, la disparition de foncier agricole et naturel prive des agriculteurs et de potentiels jeunes agriculteurs d'une installation et d'une exploitation qui auraient permis à plusieurs familles de vivre du fruit de leur labeur et empêche ainsi de contribuer à l'objectif d'autonomie alimentaire saine et durable de La Réunion !

2. La destruction substantielle d'un écosystème
Ce projet risque fortement d’entraîner un massacre environnemental : derrière un habillage ”nature”, ce sont de nombreuses espèces protégées de faune et de flore qui vont subir les nuisances résultant des activités humaines et risquent de disparaître ...

Sont notamment concernées sur le site du projet : une flore diversifiée de 132 espèces incluant 87 espèces indigènes dont “2 espèces protégées à enjeu très fort de conservation” (deux individus uniquement de chaque espèce), “3 espèces à enjeu fort”, “33 espèces à enjeu moyen”, ... ainsi qu'une faune remarquable composée notamment en ce qui concerne les insectes d'une “espèce indigène protégée” et “7 espèces à enjeu fort”, et en ce qui concerne les oiseaux 13 espèces indigènes protégées dont “6 espèces nicheuses” (Tarier de La Réunion, Oiseau la vierge, Oiseaux-lunettes gris et vert, Tourterelle et merle pays) et “5 espèces en chasse et/ou transit” (Salangane des Mascareignes, Hirondelle de Bourbon, Puffin de Baillon, Pétrel de Barau et Pétrel noir) ...

Aucune mesure compensatoire ne pourra réparer ce qui sera irrémédiablement détruit !
Sous couvert sémantique de prétendues valorisation des ressources naturelles et protection de la biodiversité, c'est tout le contraire qui est envisagé : aux côtés des reliquats de plantations indigènes “à forts enjeux de conservation” sur site (qui ont miraculeusement survécu à leur destruction programmée lors de probables “nettoyages” antérieurs du site), il est question d'une replantation d'espèces endémiques et indigènes de La Réunion : cela signifie une dénaturation du site puisque Bourg Murat n'est ni la forêt de Bébour, ni celle de Bélouve ! Que viennent faire dans cet écosystème unique l'implantation artificielle des espèces provenant d'autres espaces de notre île ?

Enfin, il faut penser à la population, et notamment les riverains du projet qui devront subir des nuisances quotidiennes (pollutions visuelles, sonores, ...) et donc une dégradation de la qualité de leur cadre de vie !
Par conséquent, je suis d'avis qu'il faille abandonner purement, simplement et définitivement ce projet qui ne permet aucunement de concilier et équilibrer activités économiques et protection de l'environnement, au détriment d'un objectif de développement durable.

Nathalie Bassire
Députée de La Réunion – Membre de la Commission du Développement
Durable et de l'Aménagement du Territoire à l'Assemblée Nationale Conseillère municipale & communautaire du Tampon

Nathalie Bassire, députée de la 3ème circonscription le 23/07/2021 à 14h26min37s Lu 0 fois

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