362681  Dérive identitaire dans les manifestations contre le pass sanitaire à La Réunion 

Social

Dérive identitaire dans les manifestations contre le pass sanitaire à La Réunion

Depuis quelques temps en métropole comme à La Réunion, des manifestations ont lieu contre le pass sanitaire dans le cadre de la lutte contre la Covid. Ces manifestations pour légitimes quelles soient dans un pays démocratique ne doivent pas occulter des dérives de groupuscules aux revendications sans lien avec la cause défendue.

A La Réunion en tout cas, il est une chose qui n’est pas passée inaperçue. Parmi les manifestants apparaissent de plus en plus dans les cortèges des individus habillés tout de noir et encagoulés qui donnent plus l’aspect de terroristes que de manifestants.

A l’écart du plus grand nombre qui défile à visage découvert, ceux-ci semblent non seulement se distinguer par leur accoutrement de terroristes mais aussi par leurs revendications qui paraissent bien loin du gros des troupes.

De la lutte contre le pass sanitaire en effet et l’obligation du vaccin, d’aucuns parmi eux ont des revendications qui touchent plus à la cause politique et identitaire qu’à la crise sanitaire.

C’est ainsi que certains n’hésitent pas à s’en prendre aux acteurs économiques de La Réunion.

Un groupe en particulier est dans leur viseur à savoir le groupe Bernard Hayot qui dernièrement a racheté le groupe Vindémia pour le transformer en Carrefour.

Plusieurs griefs sont reprochés à ce groupe notamment le fait d’être selon eux des capitalistes mais aussi et surtout d’être venu à La Réunion pour y investir et « coloniser » le département.

Très sélectif quant à l’enseigne qu’il n’a de cesse d’attaquer lors de chaque manifestation, le groupe donne l’impression d’être téléguidé tant il occulte les autres enseignes de l’île qui sont pourtant elles aussi gérées par des familles puissantes et des clans rodés à l’économie de La Réunion et qui se font énormément d’argent au travers de diverses franchises.

Mais on l’aura bien compris. Derrière ces reproches très ciblés à l’égard d’une seule enseigne et un seul groupe détenu par un « blanc » se profilent des revendications identitaires à peine voilées, celles d’un peuple réunionnais qu’on aurait de cesse de maltraiter, ignorer et que le « zoreil » viendrait remplacer par sa culture comme un écho aux théories de l’écrivain Renaud Camus.

Dans leurs propos la haine du « zoreil » y est palpable.

Pourtant à bien y regarder, lors des kabars sur l’île en fin d’année ou des cérémonie tamoules, on y voit plus de zoreils que les autres ethnies ayant peuplé l’île à partir de 1848, année de l’abolition de l’esclavage.

Rares en effet, voire pas du tout, sont les ethnies de culture indo-musulmanes ou chinoises pour s’intéresser à la culture populaire réunionnaise, celles-ci préférant cultiver la discrétion, l’entre-soi ou le retour aux origines tout en dominant intelligemment l’économie de l’île au travers des activités commerciales et de négoces, faits qu’on ne pourrait à aucun moment et en aucune manière leur reprocher.

Qu’à cela ne tienne, le « blanc », « le gros blanc », «le zoreil », « le gros colon », « le gros zozo » focalise toute l’attention de ces manifestants sans qu’il ne vienne à leur esprit que la liberté d’entreprendre ne leur est pas interdite et ce d’autant plus que depuis la départementalisation en 1946, l’Etat français, (l’Etat « makro » diraient et diront certains), n’a eu de cesse – certes sous l’impulsion d’hommes politiques locaux d’envergures – de développer les infrastructures permettant l’accès aux savoirs et à l’entreprenariat.

Pour légitime que soient des revendications de ces samedis, faudrait-il encore qu’on ne se trompe pas de combat, et qu’on n’assimile pas la manifestation contre le pass sanitaire à celui de la cause identitaire qui pourrait in fine aboutir à des attentats.

le 08/08/2021 à 04h08min55s Lu 0 fois

commentaires momentanément suspendus

Commentaires