385818  Une COP26 pour (presque) rien 

Tribune libre

Une COP26 pour (presque) rien

Tandis que dans le sud de Madagascar plus d’un million de personnes sont touchée par la famine conséquence d’une sécheresse liée au réchauffement climatique, tandis que les petits états insulaires des Océans Indien et Pacifique sont fortement menacés d’être rayés de la carte pour cause de submersion, tandis que les Outre-mer français risquent de subir les pires sécheresses jamais connues dans les années à venir, un accord a été obtenu à l’issue de la COP26. Mais c’est un accord a minima qui a été conclu ce samedi 13 novembre 2021. En effet, son contenu ne permettra pas de limiter le réchauffement global à 1,5°C, ni même de rester en dessous des 2°C. Et encore faudrait-il que les engagements pris soient tenus, alors que quasiment tous les pays signataires ne respectent déjà pas l’Accord de Paris.



Même pas la France donc, qui, à Glasgow, a été acculée à rejoindre la coalition de pays volontaires appelant à mettre fin aux subventions publiques aux énergies fossiles à l’étranger d’ici 2022… pendant que, « en même temps », le gouvernement et la majorité refusait à l’Assemblée nationale les amendements qui proposaient d’inscrire cette interdiction dans la loi.

L’accord trouvé a abouti à affaiblir profondément les intentions de départ. Même pour le charbon, il n’est plus question d’en « sortir » mais seulement de le « réduire ». Ces éléments de langage sont surréalistes.

Cette COP fut surtout une insulte aux pays du Sud les plus pauvres qui subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique tandis que les pays du G20 sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre. A Copenhague en 2009, les pays riches s’étaient engagés à financer l’adaptation à hauteur de 100 Md $. Promesse non tenue qu’ils s’engagent désormais à tenir pour…2025. Rien de concret non plus pour la reconnaissance des pertes et dommages pour les pays victimes du changement climatique qui doivent se contenter d’une promesse de dialogue sur la question !

Alors que nous sommes dans une situation d’urgence climatique absolue marquée par les dômes de chaleur, les méga-feux, les inondations, la communauté internationale n’est pas au rendez-vous de l’histoire et fait passer l’obsession pour la croissance économique avant la sécurité de l’humanité et la défense du vivant.

Enfin, cette COP marque un affaiblissement sans précédent du rôle de la France dans les négociations internationales pour le climat. Le pays de l’Accord de Paris qui aurait pu, à Glasgow, jouer un rôle moteur pour un accord ambitieux, s’est discrédité en n’étant pas en pointe pour la sortie des énergies fossiles et en prenant position contre la reconnaissance des pertes et dommages des pays pauvres. Le gouvernement a préféré encore une fois écouter les lobbys plutôt que les scientifiques.

Comme le souligne Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône et porte-parole national de Génération Écologie, les gouvernements actuels sont incapables d’être à la hauteur des exigences de la jeunesse et de la société civile, et qu’il est temps qu’ils soient remplacés. Les écologistes sont prêts à prendre les commandes !

Vincent Defaud le 15/11/2021 à 00h39min58s

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