385886  Nouvelle-Calédonie : référendum de la honte, victoire de la honte 

Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie : référendum de la honte, victoire de la honte

Nous sommes à j-1 du référendum de Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement français s’est refusé à reporter celui-ci à 2022 sur demande d’une frange des électeurs concernés par ce vote jetant le trouble et le discrédit sur un scrutin qui verra à coup sûr la victoire des loyalistes et la défaite des indépendantistes et les conséquences qui vont avec.

Une situation ubuesque de la part d’une grande démocratie comme la France qui fait montre d’un non-sens après trente ans de tentative de pacifier une région déchirée par une colonisation ayant débuté en 1853 et qui en 1988 après que les Kanaks eurent subi moult humiliations, massacres, en vinrent à se révolter.

Et la France n’est pas sans savoir que ce référendum est loin d’arranger les choses ne serait-ce par le refus des natifs et des indépendantistes d’y participer et pour cause.

Si elle l’ignorait elle n’aurait pas pris les devants en mobilisant 2 000 policiers et gendarmes sur le territoire. L’idée dit-on est d’assurer la sécurité de ceux qui vont aller voter pour le « oui » ou pour le « non ».

Mais il ne fait aucun doute que la tension sur le territoire est devenue palpable. La seule venue de Sébastien Lecornu, ministre des Outremers, constitue pour une frange de la population un acte de guerre.

L’insécurité qui émerge de cette situation est loin d’être ignorée des autorités gouvernementales françaises en ce que Sébastien Lecornu lui-même le confirme « il ne peut pas dans une grande démocratie y avoir un sentiment d’insécurité ».

Ainsi donc on est bien arrivé à ce qu’on voulait éviter, une surenchère d’instabilité institutionnelle qui n’aurait d’autre issue qu’une future guerre civile dont semblent ne pas ignorer les deux partis en présence à savoir les loyalistes et les indépendantistes.

Pourtant l’Accord de Nouméa de 1998 laissait entendre un engagement vers un processus de décolonisation.

Il semblerait bien qu’en 2021 et face à la montée du « oui » des indépendantistes à hauteur de 43 % face au 57 % du « non » des loyalistes lors du référendum de 2018, la donne ait changé.

La France semble craindre pour ses intérêts dans le Pacifique et les propos du 1er ministre Jean Castex ne dit rien moins lorsque celui-ci, le 21 octobre, face au Sénat déclare « […] notre souhait fort est que le choix des Néo-calédoniens soit celui de la France ».

Rien n’est plus éloquente ici que cette phrase qui montre en fait que le gouvernement a pris fait et cause pour les loyalistes qui, si le oui à l’indépendance devait l’emporter aurait tout à perdre.

Mais qu’ils se rassurent, le « non » à l’indépendance va être en tête du seul fait que les dès sont pipés, que ce référendum est un leurre voire dans l’histoire de la France le référendum de la honte et par conséquent la victoire de la honte.

Par ailleurs, la France ne vient pas de gagner une guerre, elle vient juste de l’empirer avec l’entêtement dans lequel ses politiques et ses gouvernants se sont murés.

le 10/12/2021 à 17h27min51s

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