425629  Rue des quarante euros d’Alain Bled, un chef-d’œuvre de 121 pages 

Livre

Rue des quarante euros d’Alain Bled, un chef-d’œuvre de 121 pages

Lire aujourd’hui est devenu pour beaucoup fastidieux tant Internet nous donne la facilité de visiter les œuvres au travers de films plus ou moins réussis. Pourtant, quand les films n’existent pas pour mettre en lumière des chefs-d’œuvre, il n’y a rien de mieux que de se prêter à la lecture et quoi de mieux que de lire « Rue des quarante euros » d’Alain Bled.

Soyons honnête, au premier abord le livre ne paie pas de mine et le sujet pourrait faire suffoquer les bien-pensants et ce d’autant plus que le livre parle avant toute chose de la prostitution. Mais pas n’importe laquelle (Oui, on sait la prostitution quelle qu’elle soit reste de la prostitution). Mais, ici Alain Bled parle d’un endroit très connu des Réunionnais notamment de Saint-Pierre et plus particulièrement du lieu-dit « La Pointe du Diable ».

Plaque tournante de la prostitution à La Réunion par l’afflux à majorité de femmes malgaches l’auteur y met en scène l’histoire tragicomique de deux prostituées. Une blonde âgée et une jeune malgache, amies pour le meilleur et le pire au sein de cette activité.

Avec finesse, l’écrivain met en lumière au travers d’une trame bien ficelée où l’humour subtile ne manque pas d’être au rendez-vous, une approche sociologique des mœurs dans un département où la sexualité taboue encore pour beaucoup se vit surtout au travers de l’hypocrisie.

Car l’auteur ne s’y trompe pas et ne trompe pas le lecteur. Il sait pertinemment qu’en dépit du regard que porte la population sur les travailleuses / travailleurs du sexe, cette activité à elle seule fait rencontrer en son sein toutes les catégories sociales professionnelles et ce fusse-t-elle exercée dans un lieu que d’aucuns montrent du doigt mais qui ne saurait être ignoré de tous tant chacun y va en tant que voyeur ou consommateur.

L’une de ses personnages met bien en lumière cette vérité crue que les pudibonds pourraient renier en vain.

Au fil des mots et des maux, l’on découvre certes le quotidien des professionnelles / professionnels du sexe mais aussi une réflexion profonde, juste et criante sur ce métier, le plus vieux du monde, qui perturbe tant elle met en porte à faux la société surtout celle qui condamne alors qu’au plus profond de son âme elle y cultive les fantasmes les plus infâmes.

Un livre d’une légèreté singulière sur un sujet brûlant qu’on ne peut lire…qu’absolument.

le 22/12/2021 à 20h16min28s

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